Jean Paul Chambras decorera les arènes d'Arles

Publié le par Jean Louis Pous

Jean Paul Chambas c'est un peintre et vicquois mondialement connu pour ses créations monumentales (Fresque du métro de Mexico, du Capitole de Toulouse, rideau de scène de l’Opéra Bastille). Jean-Paul Chambas est un artiste à part, classé - ce n’est qu’un repère - dans la mouvance de la figuration narrative. Selon Jean-Paul Chambas, le toro, monstre noir qui renvoie aux pires cauchemards de l’enfance, pose le double problème de la création et de l’interprétation. La corrida est-elle création ou plutôt interprétation ? En posant ce problème, Jean-Paul Chambas renvoie à l’éternel débat qui oppose souvent les aficionados et suscite une certaine confusion entre les partisans de tel ou tel torero. Ce débat là, le peintre l’évacue d’un mot : “Dans la corrida existe un mouvement permanent entre création et interprétation.” De là à voir entre le toro et le piano - monstres noirs, brillants, massifs et fins à la fois tous deux - une troublante similitude qu’accentue le fait que sur le piano aussi création et interprétation se répondent au gré de l’inspiration de l’artiste, il n’y avait qu’un pas, de danse bien sûr, que Jean-Paul Chambas franchit pour donner une interprétation personnelle du lien étroit qui unit l’art lyrique et l’art taurin. Sur le sable des arènes d’arles, l’anamorphose gigantesque explorera donc ce thème sans oublier bien sûr l’ambyvalence existante dans l’art du torero.

“Celui qui fut l’un des peintres les plus jeunes dans la génération de ceux qui constituèrent la Figuration narrative, Jean-Paul Chambas est reconnu, par ceux-ci, comme un des plus doués écrivait Claude Guibert le 25 octobre 2005. Le peintre a, assez vite dans son itinéraire de peintre, investi le domaine du décor de théâtre, du décor d’opéra. Vraisemblablement, il fallait à cet homme, de quoi occuper un espace vaste. Car, on se rend compte rapidement que Jean Paul CHAMBAS est une nature. Il y a chez lui une fougue, un besoin d’embrasser la vie à pleins bras. Evidemment amateur d’opéra et de théâtre, amateur de bon vin, il est également amateur de corridas. Son œuvre est celle d’un « capteur ». Jean-Paul CHAMBAS veut tout mettre dans un tableau, car le peintre est traversé par tout ce que le quotidien émet comme signaux. L’artiste écoute la radio, voit la télévision, traverse la ville… Le peintre part d’un détail, d’un bout de quelques chose et entreprend la fresque de notre société contemporaine. Le tableau n’a pas vocation a décorer, mais à éveiller. Et comme le peintre met tout dans ses tableaux, il va jusqu’à s’y engloutir lui-même lorsque dans l’immense toile d’un décor d’opéra, sa silhouette se détache à peine dans l’immensité peinte. Je ne résiste pas à l’envie de citer, pour conclure, cette réponse du peintre à une questionnaire récent de l’ Express : « votre plus grand regret?” Ne pas pouvoir téléphoner à Vélasquez pour lui demander un conseil quand je peine et que je suis dans la merde. ».

Publié dans Culture

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