En hommage à Paquirri

Publié le par Jean Louis Pous

Aujourd'hui il est 26 setembre; il y a vingt-deux ans depuis le 26 Septembre 1984. Ce jour là, un des matadors les plus connus, les plus respectés, les plus « aimés » de l’Aficion, s’en allait rencontrer son destin, dans une petite plaza de la Sierra Cordobesa. Ce jour-là, Francisco Rivera Perez « Paquirri » allait laisser sa vie à Pozoblanco, une bourgade inconnue jusque là, dont le nom allait, en quelques heures, parvenir jusqu’au Japon ou en Alaska.
La blessure tragique du diestro, par un petit toro astifino appelé « Avispado », et les minutes héroïques qui suivirent, filmées en direct dans l’infirmerie de la placita, allaient rendre à la Tauromachie toute sa dramatique incertitude. En un monde devenu « commercial à outrance » le monde entier s’apercevait que l’on pouvait encore mourir, sous la corne d’un toro.
Un matador célèbre se confiait l’autre jour à un ami : « C’est affreux de dire cela, mais il est souhaitable qu’un drame tel que celui de Paquirri se reproduise rapidement, tellement le monde de la Tauromachie a versé dans les automatismes, dans la routine, voire la banalité. Le « Système » empresarial joue avec les toreros comme avec des pions d’un Monopoly, et le public ne tient aucun compte qu’à tout moment «on peut mourir» dans la plaza. 
Ce sont là les paroles « fortes » d’un homme de caractère, cousu de mille cicatrices, qui a souffert de ce « Système », et en a réchappé. 
  Mais, pour dures que sont ses paroles… a-t-il vraiment tort ? 
Par exemple, je n’en veux pour preuve que la légèreté avec laquelle on rapporte la réapparition du novillero David Esteve, dimanche dernier, en plaza de Moralzarzal, après les deux cornadas « de caballo » qu’il a reçues, coup sur coup, le 15 Août, près de Vitoria, et le 8 Septembre, à la novillada d’ouverture de la Feria de Murcia. Deux blessures très graves, avec multiples trajectoires et des masses de chairs labourées, explosées... 
Se rend t’on vraiment compte de ce dont il s’agit, pour que, à peine 17 jours plus tard, on ne répercute son retour que sous la forme d’un « flash info » de trois lignes en quelques gazettes? 
Comment peut on « résumer » ainsi, tant de douleur et d’héroïsme ?

 C’est en pensant à tous ces toreros qui souffrent en silence, perdus dans des cliniques anonymes, (eux à qui l’on a « volé » le Sanatorio des Toreros) que l’on regardera avec respect et presque dévotion, les images du 26 Septembre 1984, à Pozoblanco. 
Ce jour-là, les yeux turquoise de Paquirri rendaient au costume torero, toute sa gloire et son honneur."
Nous reproduisons ici le trés beau texte tiré de la page web taurine TOROS2000.

Publié dans TRIBUNE LIBRE

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