Nouveau livre taurin

Publié le par Jean Louis Pous

André Dimanche éditeur[ vient de publier dans une nouvelle collection accompagnée de notes, Le Torero Caracho de Ramon Gomez de la Serna, considéré comme le plus beau roman tauromachique du xxe siècle. Le Torero Caracho (1926) occupe une place à part dans la production romanesque de l’écrivain castillan le plus prolixe et le plus novateur du vingtième siècle ainsi que dans la littérature d’inspiration taurine. C’est à la fois le plus célèbre et peut-être le plus espagnol des romans de Ramón Gómez de la Serna. Il paraît dans une traduction qui tente d’en restituer la poésie, en éclairant le vocabulaire taurin avec lequel l’auteur joue continuellement. Tandis que Córcoles, le beau-père du héros, ne peut supporter la retraite et la mort paisible qu’il s’est préparée dans son domaine de Torrelodones où il élève des taureaux de combat, Caracho, fils d’une concierge et d’un garde civil de Madrid, a repris le flambeau et fait vibrer le public des Arènes. Nous sommes en 1921, et Ramón Gómez de la Serna nous fait entrer dans la vie privée d’un grand matador, rythmée par les corridas et les tertulias où il retrouve sa cuadrilla. Dans son ombre, Rosario, la maîtresse exubérante et passionnée, Cassandre comique et émouvante, le supplie de prendre sa retraite. Durant cette temporada, qui nous mène de la célèbre Plaza de las Ventas madrilène à celle du Campo Pequeno de Lisbonne, la rivalité entre Cairel et Caracho, les deux gloires du toreo espagnol s’exacerbe, sur fond de guerre coloniale. C’est tout l’esprit de la fête espagnole que Ramón restitue entre le rire et les larmes, transfigurant poétiquement la corrida et ouvrant la voie à une génération d’écrivains, admirateurs de Goya, qui compte dans ses rangs des poètes comme Rafael Alberti, Federico García Lorca, José Bergamín et Pedro Salinas, amitiés taurines et littéraires. La corrida devient sous la plume de Ramón Gómez de la Serna une métaphore de la vie dont chaque événement révèle de manière inquiétante la nature tauromachique. Ramón Gómez de la Serna, Le Torero Caracho, traduit de l’espagnol par François-Michel Durazzo et Marie-Pia Gil, André Dimanche, janvier 2006. Prix : 19 €.

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