C'est aujourd'hui le retour du diestro catalan Serafín Marín, qui avait choisi la Plaza de Toros de Salamanque pour préparer ce retour dans les ruedos après la grave cornada qu'il reçu dans les arènes madrilènes d'Ajalvir. Serafín Marín a tué deux toros a puerta cerrada à La Glorieta s'entrainant de manière intense pour son paseo de Valencia cet après-midi.
Le torero se sent "chaque fois plus fort et préparé malgré la durée de récupération bien plus longue que ce que je ne pensais suite à la gravité de la cornada", et les médecins affirment "que les lésions produites par le toro évolueront favorablement et la capacité pulmonaire est pratiquement revenue dans sa totalité".
Serafín Marín est très positif quant à son retour et reconnait que "maintenant, je suis beaucoup plus conscient de la gravité des blessures que j'ai reçues, et je me rend compte que quelque soit la taille de la plaza, aussi petite soit-elle, le risque existe et il faut se préparer à 100% pour être devant le toro".
Avec le recul, "ça a été des journées très dures, et je pensais beaucoup. Aujourd'hui j'ai repris l'épée, et je me sens a gusto mais conscient qu'il faut y aller petit à petit". Se projetant dans l'avenir "Je souhaite tourner la page mais je sais qu'il y a des choses qui ne pourront être effacées, cela fait partie de notre profession et il faut travailler et se donner chaque après-midi".
Tempus fugit mais qui s’intéresse aux taureaux et à la corrida se souvient probablement des actions menées, lors de temporada 2005, par la Plataforma catalana dirigée par Luis Corrales. Il s’agissait, entre autres, de recueillir des signatures de soutien à la corrida à l’occasion des grandes férias espagnoles et françaises. Toutes les directions d’arènes de l’hexagone sauf une, Fréjus, acceptèrent de jouer le jeu, un jeu qui défendait aussi leurs intérêts. Le journaliste catalan Germàn Jimenez Andreu (La Razòn, Cope…) et J. L. Pous furent les artisans du succès considérable de la campagne française. Le représentant des anti-corrida, lors d’une émission de fin de matinée, sur France Inter au tout début de l’été, affirmait péremptoirement que la corrida avait vécu en Catalogne et qu’on n’avait pas fini de voir ce que l’on allait voir alors que le gouvernement catalan venait d’assurer la pérennité de la Fiesta Brava par un vote sans équivoque, après l’intervention du député socialiste David Perez.
Céret 2006, David Pérez, invité par le maire de Céret et l’ADAC se voyait dédier le dernier taureau de la féria, symbole de son succès. Quelques instants plus tard il exposait volontiers la stratégie qu’il employa devant ses collègues.
« …Pour moi, ce fut un honneur que d’avoir à défendre la Fiesta de los Toros devant le Parlement. C’est Céret que j’ai choisi comme exemple de respect du taurea et comme hommage à la Catalanité. J’ai opté pour une défense basée sur la tranquillité, la sérénité, sur ce qui est juste, sur ce que la Féria des taureaux représente et exprime, sur ce que nous pensons, sur l’injustice de l’interdiction aussi. Les arguments avancés par les abolitionnistes étaient si pauvres qu’il me fut facile de les démonter un à un, la pseudo Hispanité de la Fiesta entre autres… Céret de Toros en est la preuve tangible. Le respect du public pour nos hymnes montre bien que cette Fiesta ne nous enlève rien de nos traditions et particularismes…Il restait les souffrances, celle de l’animal : indiscutable ! Mais combien de milliers d’autres bovins souffrent davantage, journellement, dans les antichambres de l’abattage, à Barcelone »
Et comme le dit si bien le proverbe espagnol ( qui doit bien exister aussi en Catalan) « no hay bien que por mal no viene », le temps des difficultés serait enfin passé.
« Oui, je le pense. La Fiesta Brava est sortie consolidée de l’épreuve, plus assurée que jamais. Nos vemos, en Barcelona ?»
Le Mystère taurin a plané dans les locaux du Club Taurin Biterrois en présence de son auteur, José Carlos Arévalo. Une vie à pleine vitesse et des idées du toreo par centaines, mais pas pour écrire une encyclopédie taurine de plus. Non, plutôt éveiller chez le lecteur la réflexion sur l’évolution de la corrida, la lidia, le toreo par quelques aphorismes. Des questions nombreuses de l’assistance:
À la lecture de votre livre, José Tomas semble l’aboutissement final du Toreo comme Séville est l'aboutissement de votre voyage taurin ?
JC. Arévalo : Je l’ai cru au moment où j’ai écrit ce livre. D’abord j’ai vu en Paco Ojeda une révolution du toreo. Jusqu’à lui, le combat consista à dominer la bravoure pour ensuite la tuer. Mais en approfondissant la domination Ojéda découvrit une nouvelle signification du toreo : dominer le taureau pour le déposséder de sa bravoure, la prendre, l’exprimer, l’absorber dans chaque passe : l’apprivoiser. Belmonte, Manolete et Ojeda sont la trinité taurine du siècle. Jusqu’à l’arrivée de José Tomas. Je suis un homme du présent et si j’ai cru un instant que tout avait été fait, je découvre aujourd’hui encore de nouvelles conceptions du toreo qui bien qu’elles ne soient pas totalement abouties, sont le moteur de mon aficion.
Morante?
JCA : Le torero le plus sévillan qu’il m’a été donné de voir. L’union des quartiers de la ville, la conjonction du toreo du « Socrate de San Bernardo » : Pepe Luis Vasquez, du « Pharaon de Camas » : Curro Romero et du « torero de révolution » de Triana : Juan Belmonte. Et en plus il a en lui quelque chose que peu de gens voient, le sens de la lidia.
Sébastien Castella, comment le voyez-vous ?
JCA : Je l’ai vu la première fois dans une novillade à Béziers face à des toros de Margé très armés avec un vent de folie. Ce garçon était aussi quieto que s’il buvait un café. J’avais cru voir un futur grand torero. Je l’ai revu à San Sebastien ou encore je fus subjugué. Mais, je cru par la suite m’être trompé, ne retrouvant plus les qualités que j’avais cru déceler en lui. José Antonio Campuzano est un torero que je respecte et il me disait, ce garçon sera figura. Et il y eu la San Isidro 2005. Certes le président était un policier, mais se tromper à ce point…
Sa deuxième course est pour moi la plus importante de ces dernières années. Je garde de Madrid trois grandes dates : 1991 César Rincon, 1999 José Tomas et 2005 Sébastien Castella (qu’on se le dise…., NDLR)
Le règlement taurin andalou va-t-il dans le bon sens pour le tercio de pique ?
JCA : Non, je ne crois pas que la taille de la puya soit importante. Ce qui importe c’est le poids du cheval et la technique du picador. Bonijol fait un excellent travail ainsi que la cavalerie de Séville. Il faut des chevaux toreros, des picadors qui soient des cavaliers et poursuivre la réduction du poids et de la taille de la cavalerie. C’est dans la technique de la pique qu’est le salut de la suerte de vara. Piquer n’est pas opposer un mur à la charge du toro, mais révéler sa bravoure sans l’épuiser. Aujourd’hui on peut toréer tous les toros car la pique réduit la lidia et favorise le toreo.