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TRIBUNE LIBRE

Lors de l'émission "L'Arène de France" à laquelle nous avons refusé de participer et qui sera diffusée ce soir après avoir été enregistrée vendredi dernier, la production sacrifie à la mode des sondages en demandant au public son avis sur les corridas.
Les anti taurins sont bien sûr prévenus puisqu'ils se sont disputé l'honneur d'aller se montrer et l'on peut compter sur une avalanche de messages. Il ne serait donc pas inutile que chacun prenne le temps de les contrer en votant le plus vite possible sur le site de l'émission : http://arene-de-france.france2.fr/

Je sais bien que tout à notre passion en suivant cette formidable feria de Séville, nous aurions d'autres chats à fouetter. Mais hier soir vers 22 heures, les antis ayant été les seuls au courant de la manipulation, la manoeuvre pernicieuse donnait les résultats suivants : à la question "la corrida est-elle une boucherie ?", sur 869 votes enregistrés, 98% répondaient que oui... À la question subsidiaire "les chasseurs sont-ils des barbares ?" sur un panel de 810 votants, 98% ont répondu que oui.

Ces procédés indignes d'une télévision publique mettent une nouvelle fois en évidence les dérives des intégristes animalier qui utilisent pour leurs basses oeuvres des animateurs seulement animés par le besoin de faire de l'audience. Stéphane Bern, dans une ultime tentative pour me convaincre de me rendre à son émission, m'a fait jeudi cet aveu après m'avoir reproché de faire du lobying contre son émission : "Je n'ai rien contre les corridas, si j'ai signé la pétition demandant son abolition c'est pour faire plaisir à Brigitte Bardot."

Ce qui en dit long sur sa moralité, puisqu'au nom de convictions qu'il ne partage pas il se permet de mettre à l'index une partie de ses concitoyens en les jetant en pâture à la vindicte des autres. Nous ne pouvons que déplorer le fait que France Télévision cautionne ces dérives sectaires et il ne serait pas inutile d'alerter le CSA avant que l'affaire ne prenne des proportions désastreuses. Car qui nous dit que monsieur Bern ne demandera pas demain à ses auditeurs de se prononcer sur d'autres questions : "l'homosexualité est-elle honteuse ?" ou "l'Islam doit-il être interdit ?" Ce qui serait conforme à sa logique d'audience scabreuse.

Vous êtes plusieurs milliers à lire chaque jour ce site. je n'ai qu'un conseil à vous donner : prenez le temps de cliquer sur ce sondage honteux : http://arene-de-france.france2.fr/ Une précision : on peut cliquer autant de fois que l'on veut, ce qui peut signifier que pour obtenir les 800 votes qui nous traitent de bouchers - pardon pour cette honorable profession - les anti étaient une cinquantaine à peine. Pour la petite histoire, moi je viens de cliquer dix fois !  - André Viard

S'associant à l'initiative d'André Viard, la Boutique des Passionnés vous invite à vous connecter massivement sur le site pour manifester votre passion. Nous élargissons notre propos à L'ENSEMBLE DES TAUROMACHIES qui peuvent se retrouver un jour ou l'autre également remises en cause par des caballes similaires. Jean COLOMINA et l'équipe des Passionnés.

Je vous enjoins à aller autant de fois que vous le pourrez, à cliquer sur tous les claviers de votre famille et de votre voisinage. S'il est toujours instructif d'entendre ce que nos adversaires ont à dire (encore que je doute fort de la subtilité de leurs argumentaires), n'offrez pas à Mr Bern la satisfaction de faire de l'audimat avec des sujets de débats orientés, largement discriminatoires et indignes d'un service public de l'information de qualité au financement duquel chaque citoyen contribue. Alors, enregistrez l'émission de ce soir pour la regarder un autre jour, préférez une autre chaine ou tout bonnement éteignez votre télé et régalez-vous d'un bon bouquin... taurin !

Par Catherine Le Guellaut - Publié dans : TRIBUNE LIBRE
Madame ou Monsieur le député,

Ayant eu connaissance de la déclaration écrite 0002/2007 demandant la suppression des subventions agricoles allouées aux éleveurs de taureaux de combat ainsi qu’à terme l’interdiction des corridas dans l'ensemble de l'Union Européenne, nous souhaitons vous faire connaître la position des citoyens français qui se reconnaissent dans la culture taurine.

Inspirées des théories anti spécistes dont la dangerosité sur les fondements de la morale n’est plus à démontrer, ces initiatives déploient tous les aspects du terrorisme intellectuel au mépris de l’idéal européen qui a pris soin, en établissant le principe de subsidiarité, de veiller à ce qu’en matière culturelle notamment chaque Région reste compétente sur son territoire, disposition fondamentale prise pour éviter le nivellement des esprits et favoriser la diversité culturelle, facteur d’enrichissement.

Sur le simple bien-fondé de ce principe il est donc choquant d’envisager que l’Europe puisse se prononcer sur le devenir d’une micro culture, alors que le combat pour l’identité culturelle des minorités fait précisément partie de ses priorités et que le cadre juridique dans lequel les spectacles tauromachiques peuvent se dérouler est parfaitement défini en France, tant par la loi que par la jurisprudence. Ce qu’a explicitement confirmé un vote du Parlement Européen en séance plénière, lequel a récemment rejeté à une très large majorité une proposition d’abolition des corridas, considérant qu’en la matière il était incompétent.

Cet échec des mouvements anti taurins à un niveau qu’ils jugeaient le plus favorable au développement de leurs arguments explique cette nouvelle tentative à travers laquelle ses promoteurs voudraient priver les éleveurs de taureaux de combat des aides communautaires auxquelles ils ont droit au même titre que leurs confrères, ce qui aboutirait à terme à la fermeture de nombreuses exploitations, à la perte de nombreux emplois ainsi qu’à la mise en péril de nos ferias, lesquelles constituent, pour nos villes, nos départements et nos Régions, un atout important, tant du point de vue économique que culturel et identitaire.

Cette attaque est d’autant plus sournoise qu’il suffit de visiter en Espagne, au Portugal ou en France les élevages de taureaux de combat pour constater que le bien-être des animaux y est davantage respecté que dans n’importe quelle autre exploitation bovine. Ces taureaux vont certes mourir dans l’arène, mais cette fin est plus conforme à leur nature que celle que leur réserverait l’abattoir. Il convient de rappeler en effet que dix pour cent d’entre eux périssent chaque année au cours de combats au pâturage, ce qui suffit à démontrer que contrairement à ce que prétendent les mouvements anti taurins, il ne s’agit pas d’animaux domestiques forcés à combattre. Telle est leur nature, et loin d’éprouver un sentiment de culpabilité en leur offrant de mourir dans l’arène face à un homme qui risque aussi sa vie, nous avons la certitude de les respecter davantage que ceux qui condamneraient leur espèce à disparaître, hormis quelques spécimens enfermés à perpétuité dans des parcs animaliers.

La mort du taureau qui accompagne l’histoire de l’humanité depuis des millénaires serait-elle devenue à ce point tabou qu’elle soit une priorité pour les démocraties modernes ? Mais qu’en est-il alors des morts violentes ou de misère de milliers d’êtres humains complaisamment montrées quotidiennement sur les écrans de nos télévisions ? Il y a dans l’émergence de ce débat des aspects pernicieux dont la Commission Européenne devrait se préoccuper, en enquêtant par exemple, comme le font divers Etats, sur l’origine réelle et sur la dangerosité de thèses qui, sous couvert de sensiblerie animalière, s’appliquent à saper les fondements de notre civilisation. Il convient d’ailleurs de signaler qu’aux termes d’une étude scientifique menée par l’Université de Madrid, l'organisme du taureau réagit aux blessures d'une manière totalement différente à celle de toutes les autres espèces, en libérant une quantité importante de bêta-endorphines dont l'action sur l'organisme, similaire à celle de la morphine, perdure durant quatre heures après leur sécrétion. Même si ses blessures sont spectaculaires, le taureau ne souffre pas.

Pour nous, bien loin des accusations de cruauté qui sont portées à notre encontre, la mort du taureau dans l’arène magnifie le destin de l’homme. Conformément à toutes les grandes religions monothéistes et aux morales qui en découlent, nous assumons la responsabilité d’un choix qui nous permet de montrer de manière symbolique les valeurs auxquelles nous adhérons et récusons cet obscène amalgame qui ferait de l’animal l’égal de l’être humain : effet d’un déterminisme transcendant ou hasard d’une évolution complexe, il y a entre l’homme et l’animal une différence fondamentale et nous la revendiquons.

Le taureau n’est pas tué dans l’arène pour satisfaire un plaisir malsain. Il est au contraire le révélateur de qualités et valeurs essentielles - engagement, courage, intelligence, créativité, solidarité… - et il permet à des milliers d’aficionados de communier ensemble autour d’une idée simple : l’homme triomphe du chaos en s’élevant au-dessus de sa condition, et cette expérience à forte connotation métaphysique permet parfois à ceux qui la vivent d’éprouver un sentiment d’éternité. Pour ceux qui se reconnaissent en elle, la corrida véhicule donc des valeurs éthiques et esthétiques fondamentales, et loin d’être la résurgence condamnable d’une barbarie anachronique qu’il serait urgent d’éradiquer, elle s’inscrit remarquablement dans une modernité dont la quête de sens s’accompagne malheureusement dans beaucoup d’autres domaines d’une perte de repères qui n’a pas cours dans nos arènes.

Forts de la certitude qui nous anime de n’enfreindre aucune loi ni morale, nous espérons donc que loin d’appuyer la déclaration 0002/2007 vous participerez activement à son rejet.

Le monde taurin français que nous représentons au travers d’une soixantaine de villes situées dans quatre Régions, de sept cents associations, de l’ensemble des professionnels taurins et éleveurs de Taureaux Braves, de diverses publications spécialisées, du million de spectateurs qui fréquente nos arènes chaque année et des millions de visiteurs qui voient dans nos ferias un espace de liberté qui les aide à mieux vivre, vous en sera infiniment gré.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions de croire, Madame ou Monsieur le député, à l’assurance de notre parfaite considération.

Les signataires

Union des Villes Taurines de France
Association des Organisateurs de Corridas du Sud Ouest
Groupement des Entrepreneurs de Spectacles Taurins
Musée des Cultures Taurines
Fédération des Sociétés Taurines de France
Association Nationale des Aficionados
Fédération des Clubs Taurins Paul Ricard
Union des Bibliophiles Taurins Français
Amicale des clubs taurins gersois
Association Française des Vétérinaires Taurins
Association Française de Chirurgie Taurine
Syndicat français des toreros, banderilleros et picadors
Association Française des Eleveurs de Taureaux Braves
Association des Critiques Taurins de France
Ecole taurine d’Arles
Collectif Terres Taurines

 

Par Germán Jiménez Andreu - Publié dans : TRIBUNE LIBRE

Aujourd'hui il est 26 setembre; il y a vingt-deux ans depuis le 26 Septembre 1984. Ce jour là, un des matadors les plus connus, les plus respectés, les plus « aimés » de l’Aficion, s’en allait rencontrer son destin, dans une petite plaza de la Sierra Cordobesa. Ce jour-là, Francisco Rivera Perez « Paquirri » allait laisser sa vie à Pozoblanco, une bourgade inconnue jusque là, dont le nom allait, en quelques heures, parvenir jusqu’au Japon ou en Alaska.
La blessure tragique du diestro, par un petit toro astifino appelé « Avispado », et les minutes héroïques qui suivirent, filmées en direct dans l’infirmerie de la placita, allaient rendre à la Tauromachie toute sa dramatique incertitude. En un monde devenu « commercial à outrance » le monde entier s’apercevait que l’on pouvait encore mourir, sous la corne d’un toro.
Un matador célèbre se confiait l’autre jour à un ami : « C’est affreux de dire cela, mais il est souhaitable qu’un drame tel que celui de Paquirri se reproduise rapidement, tellement le monde de la Tauromachie a versé dans les automatismes, dans la routine, voire la banalité. Le « Système » empresarial joue avec les toreros comme avec des pions d’un Monopoly, et le public ne tient aucun compte qu’à tout moment «on peut mourir» dans la plaza. 
Ce sont là les paroles « fortes » d’un homme de caractère, cousu de mille cicatrices, qui a souffert de ce « Système », et en a réchappé. 
  Mais, pour dures que sont ses paroles… a-t-il vraiment tort ? 
Par exemple, je n’en veux pour preuve que la légèreté avec laquelle on rapporte la réapparition du novillero David Esteve, dimanche dernier, en plaza de Moralzarzal, après les deux cornadas « de caballo » qu’il a reçues, coup sur coup, le 15 Août, près de Vitoria, et le 8 Septembre, à la novillada d’ouverture de la Feria de Murcia. Deux blessures très graves, avec multiples trajectoires et des masses de chairs labourées, explosées... 
Se rend t’on vraiment compte de ce dont il s’agit, pour que, à peine 17 jours plus tard, on ne répercute son retour que sous la forme d’un « flash info » de trois lignes en quelques gazettes? 
Comment peut on « résumer » ainsi, tant de douleur et d’héroïsme ?

 C’est en pensant à tous ces toreros qui souffrent en silence, perdus dans des cliniques anonymes, (eux à qui l’on a « volé » le Sanatorio des Toreros) que l’on regardera avec respect et presque dévotion, les images du 26 Septembre 1984, à Pozoblanco. 
Ce jour-là, les yeux turquoise de Paquirri rendaient au costume torero, toute sa gloire et son honneur."
Nous reproduisons ici le trés beau texte tiré de la page web taurine TOROS2000.
Par Jean Louis Pous - Publié dans : TRIBUNE LIBRE

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